Le Laos et L’artisanat

Le Laos entretient un lien très fort avec l’artisanat. Ainsi depuis plusieurs siècles le peuple Laotien se passionne pour la fabrication de produits uniques issus pour la plupart de matières premières naturelles. Vous verrez à travers cet article que les Laotiens ont également su tirer profit des époques sombres de leur histoire pour développer un nouvel artisanat.

Certains habitants issus de minorités ethniques fabriquent des paniers et des tapis en utilisant l’osier et le roseau. Ils peuvent également utiliser le rotin (plante sauvage appartenant à la famille des palmiers qui pousse sous forme de liane) qui se trouve facilement dans le pays. L’artisanat est tellement présent au Laos qu’on le retrouve même dans le sport. Ainsi, Le rotin tressé est utilisé pour fabriquer les petites balles qui serviront à jouer au sepak takraw, le sport le plus populaire du pays.

panier riz laos

Bien entendu, l’artisanat Laotien rime avec la conception du foulard en soie. Quelque soit l’endroit et l’ethnie il s’agit d’une véritable passion qui se transmet depuis plusieurs générations. Le Laos a la particularité contrairement à ses voisins de ne pas solliciter d’intervention mécanique pour fabriquer un foulard de soie. Ainsi, les tisserandes utilisent un métier à tisser rudimentaire pour réaliser un foulard. Les irrégularités qu’offrent cette forme de tissage offre au foulard toute la richesse d’une pièce unique.

Peu de gens le savent mais le Laos fût le pays le plus bombardé de l’histoire pendant la Guerre du Vietnâm. Pendant 10 années les bombardiers américains ont réalisé une mission de bombardement toutes les 7 minutes. L’objectif de ces bombardements incessants était de couper l’accès aux Vietnamiens et plus particulièrement de bloquer les ravitaillements de nourritures et de matériels. Enormément de bombes n’ont jamais explosé lors de leur impact. Pourtant, les Laotiens ont décidé malgré les risques encourus, d’utiliser l’aluminium contenu dans les bombes pour fabriquer des cuillères, des couverts, des bijoux ainsi que divers souvenirs.

laos cuillère aluminium saynoha

Quant aux peuples vivant dans les plaines, ils utilisent des métaux bien connus de tous : l’or et l’argent qui leur permettront de fabriquer des bijoux traditionnels. Au hasard des excursions, il est possible de pouvoir contempler certains artisans bijoutiers à l’ouvrage et notamment l’étape de la fonte du métal.

En plus de la sériciculture (élevage du ver à soie ainsi que de l’ensemble des opérations liées à la culture du mûrier) qui est une étape fondamentale dans la fabrication des foulards en soie, certains artisans du Nord-Ouest du Laos ont décidé d’utiliser l’écorce de mûrier pour fabriquer du papier écologique, biodégradable et renouvelable afin de palier à un manque de ressource.

 

 

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L’art au Laos

Si vous avez l’occasion de voyager au Laos vous aurez la chance de découvrir de nombreuses œuvres d’arts qui sont pour la plupart liées à une étroite relation avec la religion bouddhiste. Contrairement à ses voisins du Sud-Est Asiatique, notamment le Myanmar (Birmanie) la Thaïlande et le Cambodge, le Laos dispose d’un art très spécifique et moins varié car il s’agit d’un pays « jeune » d’un point de vue politique et historique.

Le Laos à subit pendant très longtemps la domination sans partage de ses voisins qui étaient en plein essor pendant qu’il devenait l’un des pays les plus pauvres du monde. Cette faiblesse a engendré de nombreux pillages de la part des armées adverses. En plus des vols, le Laos a subit des destructions d’œuvres d’art de la part des pays ennemis. L’œuvre la plus populaire qui a été dérobé se nomme le Bouddha d’Emeraude (En 1778, le général Chakri, s’empara de la Capitale du Laos et rapporta la statue à Bangkok). Tous ces éléments expliquent en parti le fait qu’il ne reste au Laos qu’un art spécifiquement religieux et que l’art contemporain y est très rare.

Bouddha-d-Emeraude saynoha

Néanmoins les choses évoluent dans le bon sens au Laos. Ainsi vous pourrez découvrir quelques œuvres d’art notamment au sein de la capitale Vientiane et à Luang Prabang. (Ancienne capitale royale du Lan Xang autrement connu sous le nom de « royaume du million d’éléphants »).

Le tissage du foulard en soie à l’aide de métiers à tisser est très bien implanté dans ce pays car il s’agit d’un savoir-faire ancestrale et artisanal qui se perpétue continuellement quelque soit les générations. Cet art à donc traversé le temps tout en restant authentique car les méthodes de tissage restent rudimentaires. Néanmoins les méthodes de tissage du foulard varient selon les ethnies et les régions. Contrairement à certaines idées reçus la conception d’un foulard en soie relève d’un véritable travail artistique. Les tâches minutieuses et précises ainsi que la dextérité de la tisserande offre une pièce unique dont chaque irrégularité est la signature d’une véritable œuvre d’art.

Le rôle de la femme au Laos

Le statut de la femme dans ce pays peut varier en fonction de l’ethnie à laquelle elle appartient. Néanmoins quelque soit son origine, la place de la femme dans la société est très souvent relégué au second plan. Vous pourrez en effet constater lors d’un voyage au Laos que les hommes se mettent très souvent en avant par rapport aux femmes.

laos tissage saynoha foulard soie

Le travail est très éprouvant dans ce Pays d’Asie du Sud-Est. Les tâches sont difficiles et pénibles autant pour les femmes que pour les hommes. Certaines femmes ont très peu de temps pour elles. Elles sont dans l’obligation de cumuler plusieurs fonctions. Ainsi elles se regroupent même après une dûr journée de travail pour s’atteler au tissage de foulard en soie. Dans chaque petit village il existe de minuscules unités de production (entre 3 et 4 métiers à tisser) qui permettent par exemple de proposer aux populations des tenues traditionnelles Lao. Néanmoins le tissage du foulard en soie reste un plaisir et une tradition qui se perpétue de génération en génération.

Les femmes Laotienne sont d’excellentes cuisinières. Elles s’occupent de cuisiner pour toute la famille tout en s’occupant de l’éducation de leurs enfants.

laos saynoha nourriture

Socialement les femmes Laotiennes doivent faire face dès le plus jeune âge à d’autres problèmes. Ainsi les filles sont moins scolarisés que les garçons. Les postes à responsabilités sont la plupart du temps occupé par les hommes, laissant ainsi les femmes s’occuper de tâches moins importantes. Professionnellement les inégalités de salaires entre les femmes et les hommes sont également présentes au Laos.

Du point de vue familial et personnel l’homme a souvent le dernier mot lorsqu’il s’agit de prendre une décision importante. Cela peut s’expliquer notamment par le fait qu’il est très difficile pour une femme divorcée de retrouver un mari. Néanmoins les mentalités évoluent et l’écart entre l’homme et la femme commence à s’estomper. Pour preuve certaines femmes Laotiennes occupent des postes importants au sein de compagnies étrangères implantées au Laos.